
Sur Istrie comme sur les autres continents les trois quarts du tonnage total du transport de marchandises s’effectue par les voies fluviales. Sur les routes on ne transporte que, soit les matières à très forte valeur ajoutée, soit les matières légères: métaux pré-cieux, matériel magique, armes, épices, tissus, papier, cuir, etc. Sur les fleuves on transporte tout le reste. Certes, depuis la création des grandes routes commerciales (de Bénéfica à Pendula; de Pendula à Immua; des Citées elfiques à Corchan; de Leporiad aux hauts plateaux) les trajets par chariots sont beaucoup plus aisés et beaucoup plus sûrs, mais elles ont surtout facilité la circulation des voyageurs, beaucoup moins celles des marchandises pondéreuses.
Ces routes sont donc doublées, pour la plupart, d’une route fluviale plus ou moins aménagée (désensablement, canaux). Avant l’essor du grand commerce, qui correspond sur Istrie à l’avènement de l’Empire, les transports fluviaux ne concernaient que des petits parcours, de quoi alimenter uniquement les marchés locaux. Sur de courtes distances on pouvait se permettre de multiplier les voyages plutôt que d’augmenter le tonnage. Les embarcations les plus nombreuses à cette époque étaient les barques longues à fond plat : des gabares (plus petites) et des tarasques (plus lourdes) mues à rames ou à gaffes. Ces bateaux s’accommodaient facilement des rivières encombrées de bancs de sable et des marais (pendant très longtemps les abords de Florin étaient marécageux).

La Grande Guilde fût à l’initiative des premiers aménagements (à l’époque du Conseil de Bénéfica). Il fallait défricher les abords des fleuves et y entretenir des chemins afin de permettre le hallage d’embarcations de fort tonnage (à moins d’être un troll on ne gaffe pas une péniche !). Ces travaux donnèrent naissance à une nouvelle institution : le bagne. Pendant un temps les bas quartiers de Florin, de Xonia, de Pendula, se vidèrent miraculeusement de leur population qui pour un oui ou pour un non se retrouvait à pelleter la bouillasse des marais.
L’Empire prit le relais. En soumettant les grands Princes il permit l’essor des marchands. Les échanges se multiplièrent de manière foudroyante. L’Empire prit alors à sa charge l’aménagement des cours d’eau. L’espart finança massivement les travaux, ou, plus exactement, finança les agents de recrutement de bagnard, autrement dit : la Garde. Les peines d’emprisonnement devinrent rares (sauf pour les motifs politiques), elles le sont toujours. Toutes les rivières dont la taille le permettait furent aménagée. L’Empire avait également d’autres motivations : rendre possible la circulation des navires de guerre. En même temps qu’il faisait aménager les cours d’eau, l’Empire construisait de grands ports militaires fluviaux et maritimes. C’est le cas de Tret et Bergham (sur le Palondrat) de Port-neuf puis de Myria.
La bataille de Petite-ville et la guerre contre Lolth obligèrent pour un temps à suspendre les travaux. Ils reprirent de plus belle après. A la fin de la guerre apparurent les très grosses puissances commerciales de l’Empire. Certes Mercurias et Odyssae existaient-elles depuis bien longtemps. Mais leur commerce n’a toujours concerné que des produits de luxe pour lequel le problème du transport importe peu. La CCF (il n’y a pas qu’elle mais c’est la plus importante) vend et achète de tout. Elle a fait sa fortune de la vente des gigantesques réserves céréalières des commanderies coloniales de Tyr avant de s’intéresser à tout ce qui est commercialisable. Elle devait donc convoyer des marchandises lourdes et en énorme quantité. Il a donc fallu poursuivre l’aménagement des cours d’eau pour qu’ils puissent recevoir des navires de commerce très lourds ( les nefs, les kogges) mais, surtout, il a fallu pour certains créer un accès jusqu’à la mer. Ainsi a t-on fait construire, toujours par les bagnards, de grands canaux.

Le premier fût le « canal Gordinac » qui permet la jonction entre le Péraxanys (au bord duquel se trouve Florin) et le grand fleuve qui draine l’Ancienne civilisation.
Depuis quelques années les travaux se sont étendus au continent. Cette fois c’est l’Administration du Conseil d’Istrie qui les prend en charge avec ...toujours des bagnards. Ils ont prit des dimensions pharaoniques et réclames des moyens financiers colossaux. L’un de ces ouvrage, le plus grand actuellement est le canal permettant de relier les rivières d’Immua au fleuve qui se jette dans la mer d'ellion.





