Il est loin le temps où les paladins chargeaient les hérétiques à cheval dans les églises. La présence et la politique de Tyr dans les XXI provinces ont considérablement changé. Avant ,chaque ville, même de petite importance, avait son temple. Le premier clerc du temple était souvent le personnage local le plus important Il servait souvent de garnison, de forteresse, de centre administratif local. Il était le centre de pouvoir. La Garde lui a ravit cette fonction. Les temples étaient aussi des centres religieux, culturels, voir même des hôpitaux (grâce au pouvoir d’imposition des mains des paladins). Esther et les temples hospitaliers leurs ont aussi pris ces fonctions. Le temple et ses disciples sont sortis de la vie courante des habitants de l’Empire.
Le culte d Esther est devenu religion d' État. Mais il n’a jamais vraiment supplanté le culte très ancré d' Issrac. Pour l’immense masse de la population de l’Empire les deux cultes se sont en quelque sorte associés, Issrac et Esther formant un couple divin. Il est à remarquer au passage que le livre saint est largement en retard sur cette croyance et qu’il convient de le réécrire. Mais personne encore ne s’est attelé à cette tâche. Tyr est toujours officiellement l’un des grands saints chargé d’être le bras armé d' Issrac et d' Esther, devant défendre les Dieux, leurs disciples et toute la population des attaques démoniaques de toutes sortes.
Avant la fondation de l’Empire, à l’époque des croisades, l’église de Tyr n’avait cessé de subir de lourdes défaites militaires.
Son prestige au sein de la population, notamment la population noble, en avait été considérablement atteint, au point que les vocations au paladinat se faisait rares. On crut même que Tyr était mort. Mais grâce à un changement de politique (le fait de ne plus s’appuyer que sur la noblesse mais aussi sur les marchands) l’église se releva et devint même pour un temps, le temps que s’organise la Garde, la principale force d’administration, de police et de centralisation des provinces. Elle était un État avant l' État. Mais elle était une puissance fragile, minée surtout par la corruption et le carriérisme. Deux clans se disputaient sa direction: les gestionnaires arrivistes et les fanatiques élitistes. Finalement ni les uns ni les autres ne l’emportèrent vraiment. La bataille de Petite-ville et les guerres contre Lolth permirent d’éviter l’éclatement. Philippe de Kagam, un diplomate éclairé devenu Grand– Architecte ne cessa de concilier les clans. Mais pendant ce temps l’église se sclérosait et perdait peu à peu de son influence au point de se couper complètement de la population.
Sous ses airs de diplomate mollasson Philippe de Kagam préparait en fait en très fin politique le renouveau et la consolidation de l’église. Il se fit passer pour un mou. Se faisant, les hauts dignitaires se sentaient plus libres pour mener leurs stratégies personnelles, chacun pour soit. Le pouvoir central s’en trouva affaibli, aucune décision de politique générale ne parvenait à sortir des hauts conseils où régnaient les intrigues. Les temples se replièrent peu à peu sur eux mêmes. Philippe décida à ce moment là de promulguer sa loi. Elle paru tout à fait anodine. Aux yeux des dignitaires elle paressait même n’être qu’un caprice de roi fantoche. Il s’agissait d’imposer à tous les temples de ne vivre que sur leur propres ressources sans rien recevoir des très grands temples. Le pouvoir se trouvait ainsi décentralisé. Les dignitaires ne s’en trouvaient que plus libre encore et s’en réjouirent. Mais les temples, ainsi dégagée de la tutelle centrale, et surtout de la main mise des hauts dignitaires purent eux aussi mener leurs propre politique.
Les premiers clercs des petits temples durent faire preuve d’une compétence bien réelle à gérer leur petit domaine. Ainsi il n’était plus question d’intrigue pour gravir les échelons de la hiérarchie mais d’un savoir – faire bel et bien reconnu. Certain temples ne purent survivre, d’autres prospérèrent. Les clercs compétents rationalisèrent la gestion de leur temple. Ils trouvèrent de nouvelles ressources en étroite collaboration avec la main d’œuvre locale. Les intrigants,voyant que l’herbe commençait à manquer sous leurs pieds, contre attaquèrent en tentant de s’allier les premiers clercs les plus véreux. Philippe se servit alors du second clan, les élitistes. Avec leur soutient il imposa que seuls les clercs ayant fait preuve d’une réelle compétence de responsable local soit promus tendis que les autres devaient être destitués. A l’issue de sa politique, Philippe de Kagam réussit donc à isoler politiquement les hauts dignitaires , à responsabiliser les élitistes sans scléroser l’église. Il réussit également à leur faire accepter que l’église pouvait elle aussi faire du commerce. Et enfin il réussit à lui reconstituer des bases solides, saines et prospèrent . Philippe jugea que sa tâche était terminée et laissa son poste vacant. Quelques politiciens professionnels lui succédèrent. Mais ils ne tenaient pas plus de quelques mois, se voyant subtilisé la place par un autre.
Le pouvoir central n’avait plus de pouvoir du tout. Pendant ce temps les clercs qui avaient fait leur preuve prenaient du grade et accédaient à des responsabilités supérieurs. Leurs petits temples, en général en terre coloniale, devenaient de grandes commanderies puissantes tandis que les vieux temples de l’empire périclitaient. Une autre guerre survint. Deos Merca. Elle ne fit qu’accélérer le processus. Seuls les nouvelles commanderies pouvaient fournir la logistique nécessaire à une guerre si coûteuse. Les paladins, qui se rangeaient plutôt du côté des élitistes, comprirent et acceptèrent rapidement la nécessité d’être soutenu à l’arrière par des temples puissant et prospères. Ceux– ci pouvaient fournir armes, chevaux, armures, argent, magie à la demande. Ils acceptèrent le commerce. Des vieux grands temples de l’empire il ne restait plus que Petite-ville. On fini par le légué aux Chevaliers d' Eiffan pour qu’ils y installent leur Ordalie. On déménagea les archives.
Telle est donc quelle est la situation de l' Église de Tyr en Juillet 17: des temples énormes, très productifs sur les terres coloniales. Quelques vieux temples en ruine dans l’Empire. Il se pose maintenant un nouveau problème: les clercs qui sont montés en grade après la loi de Philippe de Kagam atteignent maintenant les plus hautes responsabilités. Il faudra qu’un nouveau Grand architecte soit nommé. Ce sera nécessairement l’un d’entre eux. En même temps se pose le problème de la centralisation du pouvoir . A ce sujet crucial plusieurs politiques s’affrontent.
L'église de Tyr

Admin- Quentin Maindargent
- Nombre de messages: 102
Age: 34
Date d'inscription: 01/11/2006
- Message n°1



