Les disciples de Tyr équipés de leur puissante magie divine font la différence face aux rares et vieux mages de magie résiduelle de Duermat. La population autochtone est massacrée. Les immigrants s’installent définitivement, une civilisation naît regroupant 21 provinces dirigées par des féodaux puissants alliés des moine-soldats de Tyr.

Avec Tyr d’autres ordres religieux coexistent :
Les prêtresses d’Auba, déesse de l’agriculture. Sur une société qui tire la majeure partie de ses ressources de la terre, des prêtresses capables de sort de fertilité ou, à l’inverse de sort de désertification, ont une puissance économique et politique considérable !
Les mages de Karakorum, la plupart sont des mages de bataille. Ils prêtent main-forte à qui les emploie dans des guerres. Ils sont aux côtés des paladins dans les croisades. Individuellement ils sont les combattants les plus puissants. . . et ils le savent !
Les prêtresses de Myria, elles prodiguent des soins particulièrement efficaces (pouvant aller jusqu'à la résurrection) grâce a leurs liquides et autres onguents magiques. . . sur qui bon leurs semble, contre pièces d’or ou services divers.
Les amazones d’Arkine, équivalent féminin des paladins. Elles sont moins nombreuses que leurs homologues masculins. Leur principale activité est d’assurer la sécurité des temples de Myria.
D’autres divinités existent. . . mais restent dans l’ombre ; on en reparlera. . .
C’est de cette époque, -650, que date le premier livre saint. Dans cette première version du livre n’apparaissent que Tyr, Arkine, Myria et Karakorum qui n’y sont représentés que sous le « grade » de saints. Le Dieu, unique, créateur de toutes choses, omnipotent, ubiquiste etc. etc. y est appelé Israac. Existe t-il vraiment ou n’est il qu’un concept bien pratique pour assurer l’unité et la stabilité politique d’une civilisation divisée entre plusieurs provinces et plusieurs ordres religieux puissants ?
Plusieurs siècles passent durant lesquels la civilisation se consolide et s’organise autour de grandes familles nobles. Des rois se succèdent sans jamais parvenir à soumettre les familles princières. La paix est quand même assurée par l’omniprésent ordre de Tyr qui intervient régulièrement pour concilier les querelles, par la force s’il le faut. La capitale politique, royale et religieuse est, et restera jusqu’à la naissance de l’Empire, Priant.
Durant cette période, la civilisation des 21 provinces va aussi connaître sa principale ennemie: celle de Decanor, elle aussi issue d’une immigration provenant du Pantheon. Elle aussi a une structure féodale mais l’emprise écrasante de l’ordre religieux unique de Decanor relayée par une chevalerie disciplinée en fait une civilisation solide, stable, dotée d’un Etat moderne et efficace. D’abord installée sur Eiffan (île au sud des 21 provinces) la civilisation de Decanor s’étend sur d’autres continents assimilant ou annihilant des civilisations moins développées ou moins agressives.
Cet expansionnisme la ramène tout naturellement aux portes des 21 provinces, sur le continent Virgis d’où elle est originaire. Commence alors le temps des croisades, une guerre quasi permanente entre Decanor et les 21 provinces, une guerre qui dure encore maintenant. Chevaliers decanoriens et paladins de Tyr s’affrontent sans cesse, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, sans affrontements vraiment décisifs. La seule victoire réelle de ces premières croisades est à mettre au compte de Decanor : il réussit à mettre en place au sein même des 21 provinces un réseau d’espionnage efficace chargé d’entretenir les conflits plus ou moins larvés entre les familles nobles, et donc entre les chevaliers.
Un peu plus d’un demi siècle avant la fondation de l’Empire la situation change brusquement grâce à un homme, le nouveau roi d’Eiffan, Coos is Bera. C’est un chevalier charismatique, un héros des croisades reconnu par toute la chevalerie. Avant même d’être roi, propulsé à ce rang par Decanor lui même, il est déjà un symbole et une légende vivante. Il se révèle rapidement dans ses nouvelles fonctions un organisateur et surtout un stratège de génie.
En utilisant judicieusement les galères tout en pratiquant plusieurs manœuvres de diversions, il fait débarquer une puissante armée de chevaliers à l’ouest des provinces sur des terres qu’il sait être convoitées par plusieurs familles nobles en rivalité. Avec l’armée il amène également, ce qui est nouveau, un groupe chargé de bâtir toutes les infrastructures militaires ; et c’est un groupe efficace puisqu’il s’agit de trolls ! L’avance de l’armée est systématiquement jalonnée de fortifications diverses rendant quasiment impossible les contre-attaques ennemies.
En face l’armée est divisée. La chevalerie indisciplinée se dispute les rares territoires chèrement acquis. Elle est incapable d’en assurer la défense et encore moins de s’en servir de base pour préparer de futurs assauts. Seul l’ordre de Tyr flanqué des mages de bataille de Karakorum reste efficace en menant une guerre cohérente. Mais ses effectifs ne sont pas suffisants ; pire, paladins et clercs sont aussi contraints de maintenir l’ordre à l’arrière parmi les chevaliers. Bera le sait.
Il concentre systématiquement toutes ses forces contre les paladins en délaissant les fortins tenue par la chevalerie. Ses victoires se succèdent, l’ordre de Tyr est en passe de succomber. Un paladin parmi les autres vit sa jeunesse à cette période, combattant comme un forcené un ennemi de jour en jour plus puissant : Raven d’Aragorn.
Vers l’Empire
I) Petite-Ville.
Loin de là, à l’arrière, son frère, Curion d’Aragorn, étudie. Il travaille d’arrache-pied. Ses études et ses thèses brillantes ont enchanté les hauts dignitaires de l’ordre. . . mais il espère mieux. Il a une énorme ambition. Il les juge inefficaces, attentistes, dépassés. L’ordre de Tyr bat de l’aile, il faut faire quelque chose : et c’est lui, Curion d’Aragorn qui va s’en charger !
Pour mener à bien sa politique il a besoin de deux choses : son frère et un poste de premier clerc dans une bourgade la plus éloignée possible de Priant. Grâce à ses nombreuses relations il parvient à être nommé à Petite-ville, la citée la plus au sud des 21 provinces.
C’est une citée toute simple, sous l’obédience d’un seigneur, entourée de seigneuries de petites noblesses pour la plupart en croisade. Il y a quelques marchands qui essayent depuis des lustres d’obtenir de leur seigneurs quelques franchises pour faciliter leur affaires. Comme la plupart des autres citées des marches, la ville et surtout sa ceinture de seigneuries sont infiltrées par des décanoriens. Les infiltrateurs décanoriens utilisent une multitude de stratagèmes pour contrôler le plus de points stratégiques possible, c’est leur travail. Tout est bon : la magie, la corruption, l’utilisation de monstres divers, l’assassina, etc. Ils utilisent les légendes locales, les superstitions, les réseaux de trafics les plus variés, etc.
Curion inaugure sa politique à Petite-ville : alors que l’ordre de Tyr recrute dans la chevalerie, qu’il la soutient, la protège, lui veut faire autrement. Il s’agit de s’appuyer sur d’autres personnes : les marchands. Il faut en faire des alliés, quitte à se mettre à dos la noblesse.
Raven, Curion démantèlent rapidement une tentative de contrôle de la ville orchestrée par des decanoriens utilisant des artefacts grâce à la précieuse collaboration d’un marchand local. Celui-ci, Arkis Tangart, s’adonne à la magie à ses moments perdus. Ils font la démonstration devant la population réunie de l’incompétence de la chevalerie locale à maintenir l’ordre et la sécurité. Ils accusent même certains chevaliers d’avoir fermé les yeux sur ce qui se passait en ville contre quelques privilèges. Certains sont illico exécutés.
Curion, en qualité de premier clerc, accorde la franchise à la ville (à cette époque, seules les villes formant la Grande Guilde sont des villes franches). En échange les citadins financent la construction d’un nouveau temple de Tyr. Raven et Curion le veulent glorieux et rayonnant ; ils l’obtiennent.
Alors que l’ordre vit défaites sur défaites depuis des années, alors que les carrières de paladin ou de clerc sont de plus en plus rares et que Decanor est sans arrêt plus puissant, voilà que deux jeunes disciples apportent toute la population d’une ville à collaborer et soutenir l’ordre. La nouvelle s’étend dans toutes les provinces. Les chevaliers hurlent, les marchands applaudissent et les hauts dignitaires s’interrogent en attendant de voir. . . c’est que on dirait bien que ces deux avortons sont soutenus par le Dieu lui-même !
Au sud de Petite-ville s’étend une immense forêt inconnue. Sur l’initiative des marchands de la citée plusieurs expéditions d’exploration sont organisées encadrées par les disciples de Tyr. Curion et Raven, forts de leur succès obtiennent l’aide de plusieurs jeunes disciples et celui d’un mage de bataille, Alric de Myrlin.
Lorsqu’il ne peut faire stationner de troupes sur des endroits qu’il souhaite pourtant protéger, Decanor a recours aux services d’un de ses démons, un créateur fou : Nokh-Thaa. Celui-ci lui concocte des créatures aussi hideuses que stupides mais toutes particulièrement dangeureuses. Ainsi, celle qu’on a encore coutume d’appeler la « grande forêt » est-elle infestée de bestioles agressives.
Tangart, Myrlin et Raven sont de toutes les expéditions. Ils pacifient à grand coup d’héroïsme la forêt et parviennent à tracer une route vers le sud. Tout au long de celle-ci le marchand dresse consciencieusement la liste de tout ce qui peut intéresser le commerce intérieur des provinces.
Pendant ce temps Curion organise des caravanes commerciales escortées par les jeunes paladins recrutés vers les villes de la Grande Guilde. Il menace d’excommunier tous les seigneurs qui se mettraient en travers. Tyr est apparu plusieurs fois au côté d’eux, les chevaliers et les noblaillons laissent passer les caravanes sans rechigner.
Des mois passent durant lesquels Petite-ville ne cesse de s’enrichir en attirant de nouveaux marchands et de jeunes paladins. Il semble que le tout nouveau temple est béni de Tyr, n’y apparaît-il pas d’ailleurs régulièrement ? L’exploration continue . . . et bientôt d’extraordinaires découvertes vont bouleverser les 21 Provinces.
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