• Poster un nouveau sujet
  • Répondre au sujet

Part - 1 : Des provinces féodales à l’Empire

Partager

Admin
Quentin Maindargent

Nombre de messages: 102
Age: 34
Date d'inscription: 01/11/2006

Part - 1 : Des provinces féodales à l’Empire

Message  Admin le Sam 4 Nov - 0:01

Il y a environ 800 ans une vague d’immigrants forte de centaines de milliers d’individus, provenant du Pantheon, guidée par les clercs et les paladins de Tyr, envahit les contrées sous l’égide alors de Duermat, le dieu hydre. L’affrontement entre les deux populations dirigées par leurs dieux respectifs fait rage durant un siècle et demi ; 150 ans de guerre et de disette ; une période de l’Histoire très sombre.

Les disciples de Tyr équipés de leur puissante magie divine font la différence face aux rares et vieux mages de magie résiduelle de Duermat. La population autochtone est massacrée. Les immigrants s’installent définitivement, une civilisation naît regroupant 21 provinces dirigées par des féodaux puissants alliés des moine-soldats de Tyr.



Avec Tyr d’autres ordres religieux coexistent :

Les prêtresses d’Auba, déesse de l’agriculture. Sur une société qui tire la majeure partie de ses ressources de la terre, des prêtresses capables de sort de fertilité ou, à l’inverse de sort de désertification, ont une puissance économique et politique considérable !

Les mages de Karakorum, la plupart sont des mages de bataille. Ils prêtent main-forte à qui les emploie dans des guerres. Ils sont aux côtés des paladins dans les croisades. Individuellement ils sont les combattants les plus puissants. . . et ils le savent !

Les prêtresses de Myria, elles prodiguent des soins particulièrement efficaces (pouvant aller jusqu'à la résurrection) grâce a leurs liquides et autres onguents magiques. . . sur qui bon leurs semble, contre pièces d’or ou services divers.

Les amazones d’Arkine, équivalent féminin des paladins. Elles sont moins nombreuses que leurs homologues masculins. Leur principale activité est d’assurer la sécurité des temples de Myria.

D’autres divinités existent. . . mais restent dans l’ombre ; on en reparlera. . .

C’est de cette époque, -650, que date le premier livre saint. Dans cette première version du livre n’apparaissent que Tyr, Arkine, Myria et Karakorum qui n’y sont représentés que sous le « grade » de saints. Le Dieu, unique, créateur de toutes choses, omnipotent, ubiquiste etc. etc. y est appelé Israac. Existe t-il vraiment ou n’est il qu’un concept bien pratique pour assurer l’unité et la stabilité politique d’une civilisation divisée entre plusieurs provinces et plusieurs ordres religieux puissants ?

Plusieurs siècles passent durant lesquels la civilisation se consolide et s’organise autour de grandes familles nobles. Des rois se succèdent sans jamais parvenir à soumettre les familles princières. La paix est quand même assurée par l’omniprésent ordre de Tyr qui intervient régulièrement pour concilier les querelles, par la force s’il le faut. La capitale politique, royale et religieuse est, et restera jusqu’à la naissance de l’Empire, Priant.

Durant cette période, la civilisation des 21 provinces va aussi connaître sa principale ennemie: celle de Decanor, elle aussi issue d’une immigration provenant du Pantheon. Elle aussi a une structure féodale mais l’emprise écrasante de l’ordre religieux unique de Decanor relayée par une chevalerie disciplinée en fait une civilisation solide, stable, dotée d’un Etat moderne et efficace. D’abord installée sur Eiffan (île au sud des 21 provinces) la civilisation de Decanor s’étend sur d’autres continents assimilant ou annihilant des civilisations moins développées ou moins agressives.

Cet expansionnisme la ramène tout naturellement aux portes des 21 provinces, sur le continent Virgis d’où elle est originaire. Commence alors le temps des croisades, une guerre quasi permanente entre Decanor et les 21 provinces, une guerre qui dure encore maintenant. Chevaliers decanoriens et paladins de Tyr s’affrontent sans cesse, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, sans affrontements vraiment décisifs. La seule victoire réelle de ces premières croisades est à mettre au compte de Decanor : il réussit à mettre en place au sein même des 21 provinces un réseau d’espionnage efficace chargé d’entretenir les conflits plus ou moins larvés entre les familles nobles, et donc entre les chevaliers.

Un peu plus d’un demi siècle avant la fondation de l’Empire la situation change brusquement grâce à un homme, le nouveau roi d’Eiffan, Coos is Bera. C’est un chevalier charismatique, un héros des croisades reconnu par toute la chevalerie. Avant même d’être roi, propulsé à ce rang par Decanor lui même, il est déjà un symbole et une légende vivante. Il se révèle rapidement dans ses nouvelles fonctions un organisateur et surtout un stratège de génie.

En utilisant judicieusement les galères tout en pratiquant plusieurs manœuvres de diversions, il fait débarquer une puissante armée de chevaliers à l’ouest des provinces sur des terres qu’il sait être convoitées par plusieurs familles nobles en rivalité. Avec l’armée il amène également, ce qui est nouveau, un groupe chargé de bâtir toutes les infrastructures militaires ; et c’est un groupe efficace puisqu’il s’agit de trolls ! L’avance de l’armée est systématiquement jalonnée de fortifications diverses rendant quasiment impossible les contre-attaques ennemies.

En face l’armée est divisée. La chevalerie indisciplinée se dispute les rares territoires chèrement acquis. Elle est incapable d’en assurer la défense et encore moins de s’en servir de base pour préparer de futurs assauts. Seul l’ordre de Tyr flanqué des mages de bataille de Karakorum reste efficace en menant une guerre cohérente. Mais ses effectifs ne sont pas suffisants ; pire, paladins et clercs sont aussi contraints de maintenir l’ordre à l’arrière parmi les chevaliers. Bera le sait.

Il concentre systématiquement toutes ses forces contre les paladins en délaissant les fortins tenue par la chevalerie. Ses victoires se succèdent, l’ordre de Tyr est en passe de succomber. Un paladin parmi les autres vit sa jeunesse à cette période, combattant comme un forcené un ennemi de jour en jour plus puissant : Raven d’Aragorn.

Vers l’Empire

I) Petite-Ville.

Loin de là, à l’arrière, son frère, Curion d’Aragorn, étudie. Il travaille d’arrache-pied. Ses études et ses thèses brillantes ont enchanté les hauts dignitaires de l’ordre. . . mais il espère mieux. Il a une énorme ambition. Il les juge inefficaces, attentistes, dépassés. L’ordre de Tyr bat de l’aile, il faut faire quelque chose : et c’est lui, Curion d’Aragorn qui va s’en charger !

Pour mener à bien sa politique il a besoin de deux choses : son frère et un poste de premier clerc dans une bourgade la plus éloignée possible de Priant. Grâce à ses nombreuses relations il parvient à être nommé à Petite-ville, la citée la plus au sud des 21 provinces.

C’est une citée toute simple, sous l’obédience d’un seigneur, entourée de seigneuries de petites noblesses pour la plupart en croisade. Il y a quelques marchands qui essayent depuis des lustres d’obtenir de leur seigneurs quelques franchises pour faciliter leur affaires. Comme la plupart des autres citées des marches, la ville et surtout sa ceinture de seigneuries sont infiltrées par des décanoriens. Les infiltrateurs décanoriens utilisent une multitude de stratagèmes pour contrôler le plus de points stratégiques possible, c’est leur travail. Tout est bon : la magie, la corruption, l’utilisation de monstres divers, l’assassina, etc. Ils utilisent les légendes locales, les superstitions, les réseaux de trafics les plus variés, etc.

Curion inaugure sa politique à Petite-ville : alors que l’ordre de Tyr recrute dans la chevalerie, qu’il la soutient, la protège, lui veut faire autrement. Il s’agit de s’appuyer sur d’autres personnes : les marchands. Il faut en faire des alliés, quitte à se mettre à dos la noblesse.

Raven, Curion démantèlent rapidement une tentative de contrôle de la ville orchestrée par des decanoriens utilisant des artefacts grâce à la précieuse collaboration d’un marchand local. Celui-ci, Arkis Tangart, s’adonne à la magie à ses moments perdus. Ils font la démonstration devant la population réunie de l’incompétence de la chevalerie locale à maintenir l’ordre et la sécurité. Ils accusent même certains chevaliers d’avoir fermé les yeux sur ce qui se passait en ville contre quelques privilèges. Certains sont illico exécutés.

Curion, en qualité de premier clerc, accorde la franchise à la ville (à cette époque, seules les villes formant la Grande Guilde sont des villes franches). En échange les citadins financent la construction d’un nouveau temple de Tyr. Raven et Curion le veulent glorieux et rayonnant ; ils l’obtiennent.
Alors que l’ordre vit défaites sur défaites depuis des années, alors que les carrières de paladin ou de clerc sont de plus en plus rares et que Decanor est sans arrêt plus puissant, voilà que deux jeunes disciples apportent toute la population d’une ville à collaborer et soutenir l’ordre. La nouvelle s’étend dans toutes les provinces. Les chevaliers hurlent, les marchands applaudissent et les hauts dignitaires s’interrogent en attendant de voir. . . c’est que on dirait bien que ces deux avortons sont soutenus par le Dieu lui-même !

Au sud de Petite-ville s’étend une immense forêt inconnue. Sur l’initiative des marchands de la citée plusieurs expéditions d’exploration sont organisées encadrées par les disciples de Tyr. Curion et Raven, forts de leur succès obtiennent l’aide de plusieurs jeunes disciples et celui d’un mage de bataille, Alric de Myrlin.

Lorsqu’il ne peut faire stationner de troupes sur des endroits qu’il souhaite pourtant protéger, Decanor a recours aux services d’un de ses démons, un créateur fou : Nokh-Thaa. Celui-ci lui concocte des créatures aussi hideuses que stupides mais toutes particulièrement dangeureuses. Ainsi, celle qu’on a encore coutume d’appeler la « grande forêt » est-elle infestée de bestioles agressives.

Tangart, Myrlin et Raven sont de toutes les expéditions. Ils pacifient à grand coup d’héroïsme la forêt et parviennent à tracer une route vers le sud. Tout au long de celle-ci le marchand dresse consciencieusement la liste de tout ce qui peut intéresser le commerce intérieur des provinces.

Pendant ce temps Curion organise des caravanes commerciales escortées par les jeunes paladins recrutés vers les villes de la Grande Guilde. Il menace d’excommunier tous les seigneurs qui se mettraient en travers. Tyr est apparu plusieurs fois au côté d’eux, les chevaliers et les noblaillons laissent passer les caravanes sans rechigner.

Des mois passent durant lesquels Petite-ville ne cesse de s’enrichir en attirant de nouveaux marchands et de jeunes paladins. Il semble que le tout nouveau temple est béni de Tyr, n’y apparaît-il pas d’ailleurs régulièrement ? L’exploration continue . . . et bientôt d’extraordinaires découvertes vont bouleverser les 21 Provinces.

Dernière édition par Admin le Dim 12 Oct - 15:45, édité 5 fois

Admin
Quentin Maindargent

Nombre de messages: 102
Age: 34
Date d'inscription: 01/11/2006

Re: Part - 1 : Des provinces féodales à l’Empire

Message  Admin le Sam 4 Nov - 0:02

II) L’Oracle


Leur première découverte, et pas la moindre, est la mer, avec toutes les perspectives commerciales qu’elle représente. Jusqu’à présent les provinces étaient toutes continentales et seul Decanor disposait d’une flotte.

Au bord de cette mer vit, dans de petits villages, un peuple de pécheurs dont les individus sont en tout semblables à ceux des Provinces. Par contre, plus loin sur la cote, à l’est, des personnes d’une autre civilisation ont établi un petit mais très riche comptoir. Ils sont extrêmement riches, disposent de magie divine et voyagent en bateaux…volants ! Ce sont des marchands d’Odyssae. Ils vont contribuer pendant quelques années à la fortune de Petite-Ville.

Raven et Curion envisagent d’établir sur la cote un temple de Tyr. Il s’agit d’y entraîner les jeunes disciples… tout en gardant un œil sur la région.
Mais la principale découverte est encore à venir.

Entre temps les choses évoluent très vite. La ville change à vue d’œil. Autrefois méprisé, le temple y a maintenant une autorité absolue. Avec lui les marchands disposent d’un soutient considérable : nouvelles marchandises, franchises, escortes de convois, soutient politique, nouveaux marchés (tous les temples des provinces) etc. Arkis Tangart, propulsé par Curion, Grand Honorifique de Tyr, devient peu à peu un très fidèle adorateur du dieu. Sans entrer dans l’ordre il obtient par son loyalisme un grade important au sein de la hiérarchie civile de Tyr. Raven, par contre, est de plus en plus déçu par son dieu. Il croyait servir un ordre de justice, il n’y trouve qu’ambitions et manœuvres politiques. Raven est un idéaliste constamment tourmenté par une morale qu’il souhaite irréprochable. Tyr l’a abusé, il ne vaut pas mieux que Decanor.


Un événement va lui donné l’opportunité de quitter l’ordre. Un enfant d’une douzaine d’années cherche son père. Celui-ci doit lui remettre un héritage.

Raven et Alric ont déjà acquis une sérieuse renommée ; ils peuvent se permettre de se libérer par moment des obligations que leur imposent leurs ordres. Ils escortent le gamin qui se présente sous le pseudonyme de Marly et s’aperçoivent bientôt que ce n’est pas tout à fait le hasard qui l’a mis sur leur route. Leurs pérégrinations sont parsemées de signes mystiques. Il y a un guide quelque part. Ils vont encore vers le sud dans des contrées jadis occupées, mais n’y rencontrent que ruines et créatures de Nokh-Thaa : Decanor n’est pas loin !

Effectivement : Ils trouvent le père. . . et une armée de chevaliers decanoriens qui remonte vers le Nord. Coos is Bera l’a faite débarquer ici, loin des terres de croisades, afin qu’elle arrive par surprise dans les provinces. Le père est un grand prêtre de Kyora, et il va transmettre ce titre à son fils en même temps qu’un puissant réceptacle de magie divine. Raven et Alric on là l’occasion de constater la puissance d’un réceptacle : les chevaliers sont anéantis. Ils apprennent aussi qui est Kyora. Il est tout bonnement le Dieu qui domine réellement les 21 provinces. Il réparti la puissance magique entre les dieux de second rang et, par ce fait, les dirige.

Ses chevaliers n’interviennent que dans les affaires d’ordre mystique. Il semble juste et loyal. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises : Raven s’interroge, va t-il vraiment quitter Tyr ? Au cours d’une nuit il rêve. Il est dans un bois, sur un sentier…de la lumière plus loin. Il s’y dirige et arrive dans un clairière. Il s’y trouve un petit jardin, un trône en pierre sans ornement et deux bancs également en pierre. L’endroit est parfaitement calme et reposant. Arrive une femme, majestueuse et simple à la fois. Elle sourit et l’invite à s’asseoir. Elle se présente sous le nom d’Esther. Elle sait déjà quasiment tout de lui, elle sait quels choix il doit faire en ce moment et l’aide, en jouant d’écoute de souplesse et d’autorité, à les accomplir. Lorsqu’il se réveille Raven est sûr de lui, il entre au service de Kyora. Marly devient grand prêtre.

Coos is Bera a subi sa première défaite. Il comptait sur sa seconde armée pour envahir les provinces et en finir avec les croisades. Il n’en est rien. Le moral est revenu dans le camp de Tyr qui résiste plus que prévu. Mais les effectifs sont plus qu’insuffisants et la chevalerie quitte peu à peu le terrain. Tyr risque de bientôt succomber… on dit même que le dieu en personne est déjà mort ! Les vrais fidèles, les loyaux n’y croient pas. Mais, à l’arrière, la nouvelle se répand (les hauts dignitaires évitent qu’elle ne s’étende jusqu’aux terres croisées au moment où les paladins et les clercs reprennent du poil de la bête !).

Curion soupçonne une manœuvre politique orchestrée des hautes sphères, mieux vaut il prendre ses précautions : il invente une nouvelle religion ou plutôt un artefact religieux, une théorie fumeuse qui n’a pour but que de sauvegarder sa position politique : Tyr et Kyora. Il n’y aura qu’un seul adepte, lui. Mais si l’ordre de Tyr tombe il n’est plus rien, s’il choisi de rejoindre Kyora il perd tout ce qu’il a construit et ne devient qu’un vulgaire prêtre : il faut survivre en jouant sur plusieurs tableaux quitte à passer pour un opportuniste. Tangart méprise profondément cette atitude. Même si Tyr devait être mort, lui le servirait éternellement et loyalement.

Côté Decanor le moral n’y est plus. Les victoires foudroyantes des premières années ont laissé place à une guerre longue et coûteuse. Certains chevaliers ne sont pas retournés à Eiffan depuis une dizaine d’années, ils sont usés. Les terres occupées ne fournissent pas les richesses escomptées. Le but était les provinces et elles sont encore loin. C’est l’enlisement.

Curion, lui, monte en grade et commence à prendre une sérieuse importance politique dans l’Ordre. Il fait relier Petite-Ville aux citées de la Grande-Guilde par une route directe, pavée et jalonnée de relais. Elle sera LE principal axe routier des 21 provinces : la Grand-route.

Un jour arrive sur la ville par la toute nouvelle voie du sud un chariot rempli d’individus malades et à bout de force. On les soigne, ils racontent qu’ils viennent de la cote, d’une ville encore inconnue qui vient d’être touchée par une terrible épidémie qui a ravagé la quasi totalité de la population. Raven , Alric et Tangart s’y rendent… Ils y trouvent effectivement une ville au pied d’une falaise et construite en partie sur l’eau. Elle est grande et devait être opulente. Il n’y a aucun survivant, les navires ont tous été coulés.

Sur la paroi de la falaise sont gravés en grand les emblèmes des divinités des provinces mais, au vu de l’état, le monument est sans doute délaissé depuis des siècles. Raven et Alric trouvent la cause de l’épidémie : un dragon maudit en putréfaction, une créature de Nokh-Thaa. Ils l’éliminent. Arkis, parti en exploration, tombe face à un étrange batiment condamné magiquement. Il parvient après de nombreux efforts et prières à l’ouvrir. A l’intérieur se trouve un large amphithéâtre au centre duquel des statues representant les dieux entourent une ouverture vers le sous-sol. Arkis s’y rend… les statues s’animent et se mettent à tournoyer tandis qu’il s’engage dans l’escalier. En dessous une gigantesque et profonde salle circulaire s’éclaire d’une puissante lumière rouge. Il continue à descendre l’escalier qui longe le mur. Tout en bas il y a une sorte de bassin qui recouvre toute la surface de la pièce, rempli d’un liquide rouge, huileux et opaque. Au centre de la salle, du bassin jusqu’au sommet, une colonne titanesque faite de millions de rubis tourne doucement sur elle même en émettant une énorme aura. Arkis se recroqueville consumé par la puissance magique qui émane de la tour.

L’aura se réduit peu à peu…Arkis reprend ses esprits… quelqu’un lui parle… la voix emplie toute la pièce et toute sa tête : Le puissant artefact s’éveille et s’adresse à lui. Immédiatement apparaissent des représentations diaphanes de chaque dieu qui semblent aussi surprise qu’Arkis de la découverte. Elles semblent communiquer avec l’énorme objet magique. Dans sa contemplation Arkis a une vision d’extase : il vient de reconnaître Tyr, il est bien vivant. Il avait raison ! Les lâches et les opportunistes seront punis ! Tyr vient d’ailleurs l’en féliciter personnellement et lui défère toute sa gratitude. Arkis, quasiment en transe, s’adresse ensuite longuement à l’objet. Devant les dieux Arkis Tangart, Alric de Myrlin et Raven d’Aragorn viennent de découvrir l’Oracle. La face du monde va en être changée…

Dernière édition par le Lun 3 Déc - 14:03, édité 1 fois

Admin
Quentin Maindargent

Nombre de messages: 102
Age: 34
Date d'inscription: 01/11/2006

Re: Part - 1 : Des provinces féodales à l’Empire

Message  Admin le Sam 4 Nov - 0:02

III) Le conseil de Bénéfica

Dés lors que la nouvelle s’est répandue dans les 21 provinces, Tangart, Alric et Raven jouissent d’un prestige considérable. Des pèlerinages s’organisent spontanément le long de la Grand-route jusqu’à l’Oracle, en passant par Petite-ville qui s’enfle de cette nouvelle immigration. La ville côtière qui protégeait l’Oracle devient presque une ville mythique ; elle est rebaptisée : elle s’appellera Benefica. La citée renaît en quelques semaines.

Les autorités, religieuses et civiles, sont prises de court. Elles doivent improviser à Benefica une nouvelle institution dont le prestige va de loin dépasser celui de Priant, la vieille capitale poussiéreuse des provinces. Depuis longtemps aucune famille noble ne revendiquait le trône royal. La coutume est tombée en désuétude. En fait les ordres religieux ne comptaient pas avoir une autorité civile susceptible de supplanter leur pouvoir. Les puissants nobles s’accommodaient de n’être que prince plutôt que s’exposer à être roi.

Ainsi naît le Conseil de Benefica. Le Conseil est une assemblée qui regroupe les représentants de tous les groupes d’influence, civils et religieux des provinces. Il y a des prêtres de tous les ordres, il y a des barons pour chaque grande famille noble, il y a des représentants de la Grande-Guilde, il y a des personnalités importantes de Priant, notamment un vieux chambellan, un individu au pouvoir politique considérable : un surnommé Gabriel. Mais il y a aussi des sièges dévolus à des personnes prestigieuses et notamment les découvreurs de l’Oracle, Arkis, Alric, Raven. Curion parvient lui aussi à entrer au conseil grâce à la réussite de sa politique à Petite-ville et à ses relations. Il a eu chaud : depuis qu’on sait que Tyr n’est pas mort, l’ordre a pris un coup de fouet. Arkis est encore monté brusquement en grade, il n’est pas loin des plus hautes sphères de l’ordre et même en passe de devenir Grand-Architect, c’est à dire le représentant direct du Dieu, le plus haut grade.

Autour de lui le soutiennent les paladins et les clercs les plus loyaux, les vétérans de toutes les croisades, les fidèles des fidèles, ceux qui sont les plus prestigieux et qui sont partisans d’une reforme stricte de l’ordre en vue de faire disparaître les magouilles et la corruption. Côté Curion il y a les autres. Malgré lui se sont rassemblés autour de sa personne les conservateurs de l’ordre, et même si ce soutient est plus un boulet qu’une force avec laquelle il pourrait travailler à fonder quelque chose, il a au moins le mérite d’en faire quelqu’un d’important et de le propulser au Conseil. Ainsi apparaît-il à l’assemblée comme le champion des conservateurs de Tyr alors même qu’il se revendiquait comme le concepteur de Tyr-et-Kyora ! Peu importe, il a un siège à l’assemblée, c’est le plus important !

Raven, chevalier de Kyora depuis plusieurs mois, est devenu une légende vivante. Aux yeux de la population il est celui qui a découvert l’Oracle et l’a ainsi offert aux hommes. Pour la première fois les simples mortels, mais aussi les religieux de tout ordre peuvent « toucher du doigt » quelque chose proche des dieux. L’Oracle est accessible, Israac ne l’est jamais. Par son côté « populaire » le Conseil de Benefica qui siège autour de l’Oracle gène le pouvoir de Kyora. Depuis longtemps déjà les autres dieux attendent l’occasion de pouvoir se défaire de la tutelle de Kyora.

L’affaire remonte à plusieurs siècles. Kyora était déjà quasiment le seul à disposer d’important stocks de magie divine. Il a du coup pu se permettre d’imposer son autorité sur les autres de manière presque dictatoriale. Esther, pour des raisons de divergences de vue sur la politique à mener, a refusé d’accepter le chantage à la magie. Elle condamne l’Oracle (on verra plus tard pourquoi elle y parvient aisément). Kyora, en représailles, isole complètement la ville. Il en interdit l’accès à toute personne des 21 provinces. La ville tombe peu à peu dans l’oublie. Dépourvue de magie divine Esther recourt à d’autres moyens pour rester une déesse « vivante ».

Mais voilà que l’Oracle vient d’être découvert (est-ce vraiment un hasard ?) et que la nouvelle s’est répandue sur toute la population des provinces. C’est l’occasion rêvée pour les dieux de second rang. Kyora a bien essayé de faire croire que Tyr était mort, il lui a bien coupé l’alimentation en magie, ça n’a pas pris suffisamment. Il a encore assez de fidèles pour pouvoir diriger les provinces et mener les croisades.

Pire, Myria et Arkine sont allées jusqu’à lui fournir la magie dont il manquait notamment en prenant à leur charge tous les sorts de soins que les paladins sont d’habitude capable de prodiguer. Une fronde des dieux secondaires s’organise et elle va se servir du Conseil de Benefica pour s’exprimer avant, plus tard, d’éclater. La position qu’occupe Marly, le Grand prêtre de l’Ordre de Kyora va être difficile à tenir.

Mais il a une idée : il faut briser la ferveur populaire que l’Oracle a déclenchée. Sans elle pour soutenir et reconnaître le Conseil comme la seule autorité à la fois civile et religieuse, les « petits » n’auront plus d’assemblée unique pour mener une politique cohérente avec des représentants de la population. Quand on est dieu et qu’on a plus de magie c’est le nombre de fidèles qui fait la différence. Kyora a la magie mais pas de disciples. Les autres ont peu de magie, mais grâce à l’Oracle et au Conseil de Benefica il ont toutes la population avec eux. Pour casser cette ferveur il faut d’abord casser la légende : celui qui incarne cette légende c’est Raven d’Aragorn.


Raven pendant ce temps se marie. Comme chevalier de Kyora, il ne peut s’unir qu’avec une prêtresse de Myria, c’est le code. La descendance d’un tel mariage est sacrée, sa vie est tracée par avance. Raven se conforme strictement à la règle.
Le Conseil organise ses premières assemblées. Elles sont houleuses. Il y transparaît fortement la tension entre Kyora et les autres Dieux. Curion y consolide sa position en entrant comme membre d’une nouvelle institution : les gardiens de l’Oracle dont font aussi partie Raven, Alric et quelques autres.

Plusieurs expéditions sont organisées suite à des révélations de la bibliothèque vivante. Raven, Alric et Tangart en ressortent chaque mois plus grandis et plus célèbres. La nomination de l’ancien marchand devenu Grand Honorifique, devenu le symbole de la fidélité au dieu, Arkis Tangart, comme Grand Architect n’est qu’une formalité. Il lance immédiatement la réforme de l’ordre et crée un corps d’élite constitué des disciples les plus fidèles.

Curion parvient quand même à y entrer. Il sait par contre que le temps lui est compté et qu’il ne pourra pas rester longtemps à un poste important dans l’Eglise de Tyr. Il profite de ces derniers moments pour y constituer un service de renseignement qui viendra renforcer celui qu’il utilise depuis longtemps. Il fait sortir de l’ordre des clercs trop corrompus qu’il garde à son service et des archives secretes.
  • Poster un nouveau sujet
  • Répondre au sujet

La date/heure actuelle est Mer 25 Nov - 11:02