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Part - 2 : Naissance de l'empire

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Admin
Quentin Maindargent

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Part - 2 : Naissance de l'empire

Message  Admin le Ven 3 Nov - 23:53

La naissance de l’Empire

Le Conseil de Benefica profite aux dieux de second rang, au détriment de Kyora. C’est l’ancienne organisation du monde contre la nouvelle : Kyora et Auba qui soutiennent et contrôlent les grands princes féodaux contre les autres dieux qui, aujourd’hui, profitent par l’intermédiaire de l’Oracle de la ferveur populaire et de l’alliance des marchands. Deux ordres sont créés qui seront l’embryon du futur pouvoir centralisateur : les gardiens et les chevaliers de l’Oracle.

Ils regroupent des personnalités puissantes ou simplement prestigieuses, mais, fait significatif, il n’y a aucun grand noble parmi eux. Deux autres dieux qui étaient jusqu’ici restés dans l’ombre apparaissent maintenant publiquement : Khéops et Epyx. Leur mission permanente est d’alimenter l’Oracle en savoirs nouveaux, or ils sont intimement liés à la Grande Guilde et donc aux intérêts des plus puissants marchands des Provinces.

Kyora est isolé politiquement mais il reste le dieu dominent. Il est le seul à détenir d’importantes réserves de magie divine, mais surtout il est le seul, parmi les dieux représentés au Conseil, à savoir comment en produire. Tant qu’il sera le seul à détenir ce secret il aura la mainmise de fait sur les autres et sur le Conseil. Mais pour combien de temps encore ?

Un évènement imprévu va momentanément interrompre les querelles divines. Decanor attaque ! Il lance sur Benefica une énorme force navale suivie de près par des créatures et des sorts magiques puissants. Le Conseil fait preuve d’une très forte cohésion mais au bout de quelques jours de bataille une grande partie de la ville est investie. En dernier recours, après de nombreuses hésitations, le Conseil décide d’ouvrir le bâtiment qui renferme l’Oracle au risque de le livrer à l’ennemi…Mais l’aura de l’artefact suffit, les troupes décanoriennes sont consumées. Elles sont ensuite exterminées. Decanor le savait ; il ne disposait pas ici d’assez de moyens pour prendre Bénéfica, mais il lui fallait connaître la puissance et la nature de cet objet magique récemment découvert. De plus un de ses démon indiscipliné devait être réprimandé : en le chargeant de commander les troupes il l’emmenait à l’abattoir.

Revenons à nos querelles. Un homme incarnait à lui seul le pouvoir du Conseil et la prééminence de l’Oracle : Raven d’Aragorn. Il en a été l’un des découvreurs, il est gardien de l’Oracle, il est une légende vivante et il a l’affront d’être un chevalier de Kyora. Marly, le grand prêtre de Kyora, ne le supporte pas. Il faut briser cette légende, il faut par cet intermédiaire briser l’image de l’Oracle et couper les autres dieux du soutient de la population. Certes, ça ne permettra pas de rétablir l’ancien ordre mais s’attaquer à Raven publiquement aura le mérite de poser les choses à plat face aux autres dieux : vous êtes pour ou contre moi, pour ou contre Kyora. Marly profite d’un « heureux événement » : Astrid Miakores, l’épouse de Raven donne vie à une fille, Diane Théa d’Aragorn.

La bambine semble fort mignonne et en parfaite santé si ce n’est un petit détail : un énorme signe de Decanor tout noir est incrusté sur son front ! Prières, onguents, soins magiques, rien n’y fait, c’est une malédiction. Le Conseil est en effervescence. Une session extraordinaire est organisée où chacun y va de sa théorie. Marly prend la parole et entame un discours mêlant judicieusement les éloges, les plus sincères regrets et la plus sérieuse fermeté, bref, il propose que l’enfant soit exécuté et il appelle les autres membres à voter. Raven n’attend même pas qu’une seule voix se soit prononcée : furieux, il se lève, crache à la figure du grand prêtre, quitte le Conseil et renie Kyora.

Profitant du trouble Curion demande à ce que le vote soit repoussé en vertu d’une prétendue loi qu’il est bien le seul à connaître. Le vote n’aura pas lieu. Le Conseil n’aura pas à se prononcer pour ou contre Kyora et Raven dispose d’un peu de temps. Il se rend auprès de l’Oracle. Celui-ci lui dévoile l’existence d’une puissance magique qui pourrait être capable de conjurer la malédiction. C’est au-delà des citées elfiques vers une ville druidique nommée Dardaïa.

Pendant cette période Curion n’a pas cessé de consolider sa position. Il s’est attaché le soutient de la Grande Guilde, il a organisé son service d’espionnage, il a gagné l’amitié du plus influent des mages de bataille, Alric de Myrlin, il a fait la paix avec Arkis Tangart (après avoir fait assassiné sa famille en représailles), il est le plus actif et le plus assidu des membres du Conseil.

Raven avec le soutient d’Alric (et donc de Karakorum, un des principaux opposants à Kyora) partent pour les citées elfiques. Ils rencontrent en chemin une hobbit, une rétive qui aura un rôle bref mais fondamental à jouer. Arrivés en vue de Dardaïa ils pensent trouver la puissance magique capable de porter secours à l’enfant : un arbre titanesque multimillénaire recouvre la ville. Ils se trompent, ils ne sont pas les biens venus et sont emprisonnés. Au cours de leur détention leur parviennent par voix magiques des rumeurs à propos d’une exécution imminente, celle d’un dieu.

Libérés grâce à l’aide d’une sous divinité locale, ils fuient vers les montagnes voisines où ils sont accueillis par un peuple étrange, les Amals. Ceux-ci les conduisent vers un monument ayant l’allure d’une grande arche. La rétive reconnaît au sommet des inscriptions complexes d’une vielle langue hobbite. Pendant ce temps Raven, guidée par sa propre fille (qui n’a que quelques semaines !) rejoint un lieu souterrain obscure où il rencontre une . . . présence.. . emprisonnée en partie par les sorts de l’arbre druidique. La présence parvient à transmettre une partie de sa puissance à l’enfant : Raven a accepté, sans avoir le choix, de guérir sa fille en en faisant la créature de ce qui semble bien être un dieu.

Au sommet de l’arche on s’active. Alric appelle à la rescousse huit autres mages spécialisés en création de pentacle. Ils doivent en créer un, guidés par les traductions de la rétives. L’affaire semble urgente :deux armées hostiles approchent. Plusieurs jours seront nécessaires pour qu’enfin une énorme créature apparaisse sur le pentacle, une Hydre du nom de Katingar.

Celle-ci s’en va immédiatement rejoindre l’enfant portée par son père. La puissance cumulée des deux permet la libération du dieu, Caton. Il pulvérise l’arbre en un éclair. De son coté la rétive parvient à agir sur les objets magiques de l’arche. Dans toute la plaine sortent de partout des centaines d’armures vivantes qui, dans un ordre parfait, massacre sans une perte les armées ennemies. (armées décanoriennes de colonisation avec une forte composante militaire locale). La fille est sauvée, elle présente déjà des particularités magiques étonnantes, mais Caton l’a dit : elle sera Impératrice. Elle sera sa créature parmi les hommes et elle le sera dans les XXI provinces. Elle est immédiatement reconnue comme tel par les dieux rivaux de Kyora…car Caton, lui aussi, sait comment on fait de la magie divine.

Pendant ses trois années d’existence le Conseil de Bénéfica a toujours eu le soucis de travailler à l’extension des XXI provinces et à leur modernisation. La Grand-route a par exemple été une de ses premières œuvre, il en fût de même pour les multiples campagnes d’exploration de « l’ancienne civilisation » autrement dit le Panthéon. La grande guilde, en collaboration constante avec le Conseil, a elle aussi fortement contribué à la modernisation des contrées qui entouraient ses villes, Florin, Xonia, Pendula notamment, en se heurtant constamment aux intérêts des grands princes du nord. La contrebande alimentait les marchés des grandes villes en se jouant des taxes féodales. C’était l’âge d’or de personnage tel que le célèbre Ysengrin, précurseur malgré lui de l’amélioration des transports et des échanges commerciaux.

Les dieux, hormis Kyora accueillent favorablement le règne de l’Impératrice. Le Conseil n’a plus raison d’être. Il ne servirai qu’à alimenter la rivalité entre les dieux secondaires et Kyora. Il deviendrait stérile et perdrait de sa légitimité aux yeux de la population et des marchands. Avec l’Impératrice apparaît une sorte d’arbitrage plutôt favorable, il est vrai, aux dieux de second rang. En fait depuis quelques années il n’y a qu’un seul perdant : Kyora (qui emmène dans son sillage Auba). Caton ne dirige pas les XXI provinces (ce qui reviendrait à un second Kyora ) mais il en assure la stabilité.

L’année zéro de l’Empire commence. L’Impératrice, encore trop jeune pour diriger, est suppléée par un régent, un ancien, Gabriel. L’Oracle est fermé, le Conseil dissout. Le palais impérial s’entoure d’une organisation hiérarchisée à son service direct : la Garde. Pour l’instant elle ne regroupe que quelques dizaines d’individus, des administrateurs, des hommes d’influence et beaucoup d’anciens mercenaires (ceux-ci sont pour la plupart choisis parmi la confrérie des « mercenaires de Bénéfica », confrérie régulièrement sollicitée à bon prix du temps du Conseil. Certains de ces mercenaires sont restés dans l’histoire. Ainsi en est-il de Médas ; Mamba ; Cuenda Gardenda ; etc.). Curion y a bien sûr sa place : responsable du renseignement. En apportant son réseau personnel, Curion double au moins les effectifs de la Garde, de manière, certes, non officielle. Ainsi la Garde n’est-elle que la partie émergée d’un réseau bien plus vaste dont les membres, souvent d’origine douteuse, formeront les futurs dirigeants de l’Etat. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Raven traverse une mauvaise passe. Le paladin fervent est devenu un écœuré des dieux. Sa fille est devenue un être qui n’a plus rien d’humain, une demi déesse bien loin des préoccupations de ce bas monde. Son épouse s’est retirée dans le fin fond d’un temple. Il ne croit plus en rien si ce n’est à sa quête fanatique du bien. Mais bientôt un événement donnera un nouveau sens à sa vie.. .

Sous l’impulsion du palais impérial des expéditions sont envoyées dans les marches des provinces. On recherche de nouvelles terres, de nouvelles technologies magiques, de nouvelles civilisations. A l’occasion de l’une d’elle c’est autre chose qu’on découvre : une implantation de Décanor ; à deux pas de Florin ! Depuis plusieurs années Coos is Bera dirige à partir de sa base au lac de Sève toutes les incursions décanoriennes sur les provinces : espionnage, trafics, pillage, déstabilisations, corruptions etc. Il s’est implanté aux abords d’une ancienne cité naine. Lorsque des explorateurs arrivent ils découvrent un énorme campement parfaitement organisé. Il y a même plusieurs galères ! La réaction impériale ne se fait pas attendre, le campement est rasé. De toute façon il devait un jour ou l’autre être découvert, qu’importe, il a rempli impeccablement sa mission pendant plusieurs années. Bera peut l’abandonner la tête haute, de toute façon son maître, Decanor, a pour l’heure une autre tâche à lui confier.

Une autre expédition est organisée ; cette fois-ci vers le sud est des provinces. Les hélénoriens, un ordre monastique extrêmement riche proche de la Grande Guilde, en sont à l’initiative. La région est réputée maudite. Effectivement…un explorateur de Khéops en est le premier témoin : dans un village juché sur un pic rocheux il découvre avec horreur les habitants agonisants dans des cages à corbeaux. . . sans qu’aucun d’entre eux ne soit encore parvenu à mourir ! Depuis combien de temps sont-ils là ? L’être ignoble et fou qui est l’auteur de ce crime abject n’est… qu’un adorateur …et d’ailleurs les explorateurs arrivent assez facilement à l’éliminer… mais il y a donc pire ailleurs ! Ne se sentant pas de taille, ils quittent la région et vont immédiatement informer l’Oracle de leur horrible découverte. L’artefact appelle un homme chevronné…et suffisamment fou : Raven.

Ce que trouve le chevalier est effectivement bien pire. Pour la première fois, depuis des siècles sans doute, un habitant des XXI provinces rencontre un disciple de Lolth. L’apparition est indescriptible. A côté les monstres de Nokh-Tha font figure de bébés roses. Le lolthien n’est que puissance et sadisme. Il utilise des sorts de régénération en même temps qu’il torture des individus depuis longtemps devenus démens. Raven vient de trouver un nouveau sens à sa vie : il ne sait peut-être pas où est le bien mais, à son sens, il a trouvé le mal absolu, et il n’a pas tout à fait tort. Le combat contre le lolthien est difficile. Blessé, le chevalier est torturé lui aussi …longtemps, très longtemps, à en devenir fou…des siècles. Il résiste grâce à une haine féroce ; le combat reprend… cette fois ci il en ressort victorieux, mais à bout de force, brisé et moralement anéanti. Le cadavre du lolthien est encore chaud, Raven quitte à peine le lieu du terrible combat qu’un homme arrive.

C’est un chevalier à la stature puissante qu’il reconnaît immédiatement, son ennemi de toujours, un homme avec qui il ne peut encore rivaliser, le général des troupes de Decanor, Coos is Bera. D’ordinaire celui-ci n’aurait laissé aucune chance à un ennemi, aussi honorable soit-il. Mais en ce lieu il vient d’être témoin d’une leçon d’honneur et de bravoure. Se jugeant criminel de l’affronter, le plus puissant et le plus prestigieux général de Décanor laisse passer, malgré les ordres de son maître-dieu, le jeune chevalier au beau milieu de toute l’armée. Et, alors qu’il sort de l’infâme lieu de torture, Raven voit s’ouvrir devant lui une haie d’honneur de plusieurs milliers de chevaliers ennemis.

Cet événement marquera à jamais les deux hommes. Le chevalier sans dieu consacrera désormais sa vie à combattre Lolth et le Général vient pour la première fois de désobéir à son maître.

Or c’est ce Général qui a reçu l’entière responsabilité d’envahir les XXI Provinces à la tête d’une gigantesque armée forte de centaines de milliers d’hommes.
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